Edito du 24 octobre 2017


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#BalanceTonPorc
Et balance tout le système avec !


Suite à l'affaire Weinstein, ce producteur hollywoodien qui a des années durant harcelé, agressé et violé de nombreuses femmes, le hashtag « BalanceTonPorc » a fait son apparition sur Twitter. Il invite les femmes à raconter les agressions subies et même à dénoncer leur agresseur afin que la honte change de camp.

Que ce soit dans la rue, au boulot ou en privé, les agressions sont nombreuses. En France, 84 000 femmes subissent chaque année des violences sexuelles. 14,5 % des femmes déclarent avoir vécu dans leur vie au moins une forme d’agression sexuelle. 90 % connaissent l’agresseur... et seulement 10 % portent plainte. En 2014, à peine plus de 5000 hommes ont été condamnés. Cette année-là, sur 65 000 faits de violence constatés par la police au sein de couples, 60 000 victimes étaient des femmes. Là encore, moins de 15 % portent plainte.

Alors, n'en déplaise à quelques hommes politiques ou commentateurs de plateaux télé, il est bien salutaire que les femmes libèrent leur parole et trouvent les encouragements nécessaires pour dire stop.


Un combat à mener partout

Ce combat ne vise pas que quelques machos qui agissent individuellement. Il pose la question des inégalités entre les femmes et les hommes dans toute la société.

Une société dans laquelle le salaire des femmes est toujours inférieur de 24 % à celui des hommes. L'an dernier, un collectif avait même calculé que le 7 novembre à 16h34 était le moment à partir duquel les travailleuses n'étaient plus rémunérées.

L'inégalité se joue aussi face à l'emploi lui-même : 80 % des emplois précaires sont occupés par des femmes. 30 % d'entre elles sont en temps partiel, imposé dans un tiers des cas.

Logiquement, ces inégalités se poursuivent jusqu'à la retraite, où l'écart entre femmes et hommes monte à 40 %. Et au quotidien les femmes subissent les doubles journées. Elles effectuent près d'une heure et demi de plus de travail domestique que les hommes avec près d'une heure de loisirs en moins.


Un combat contre le capitalisme

Les attaques du gouvernement renforcent la précarité, facilitent le recours aux contrats bidons et aux variations de temps de travail ou de salaires. Les premières victimes en seront les femmes, assurément.

Et comment balancer son harceleur, lorsque celui-ci est son patron, qui peut désormais virer une employée trop rebelle en sachant qu'au pire il devra lui verser une indemnité plafonnée ?

Le gouvernement peut s'émouvoir de la persistance du sexisme dans la société, mais il sait bien que celui-ci est utile au système capitaliste. Comme le racisme, le nationalisme ou l'homophobie, il lui sert à diviser la classe des exploités et des opprimés. Il lui est utile pour surexploiter certaines ou pour que soient effectuées gratuitement des heures de travail domestique qui pourraient être prises en charge par la société, comme la garde des enfants, alors que les crèches publiques sont saturées et les garderies privées inaccessibles pour beaucoup.

Les femmes qui se lèvent aujourd'hui contre leurs agresseurs doivent servir d'exemple à toutes et à tous. Pour que cessent enfin toutes les formes d'oppression et d'exploitation, battons-nous ensemble contre les dominants, leur système capitaliste et leurs serviteurs à la tête de l'État.