La réalité du capitalisme révélée par le Covid-19

C’est à la fin du mois de décembre 2019 que sont furtivement apparues les premières informations sur un virus de type grippal attaquant les voies respiratoires et se répandant en Chine. La France était alors en période de congés, mais la mobilisation contre le projet Delevoye se poursuivait et cherchait à faire passer les vacances à cette grève historique. 

Fin janvier, l’OMS a déclaré que si la Chine connaissait une situation d’urgence, ce n’était pas le cas à l’échelle mondiale… avant de se rétracter au bout de quelques jours, avec une nouvelle déclaration qualifiant d’« élevée » et non plus seulement de « modérée » la menace du virus au niveau international, et évoquant une erreur de « formulation ». Mais bien plus que le virus lui-même – dont on ne connaissait à ce moment-là ni les mutations possibles, ni la vitesse et les modes de propagation, et pour lequel il n’y a aucun vaccin –, c’est le fait que les décisions à prendre pour protéger les populations soient entre les mains des Macron, Trump ou Poutine qui constitue le principal danger. 

Pour les capitalistes, il faut sauver le système, même au prix de milliers de vies ! 

On en aura entendu, des déclarations d’experts : pas besoin de porter de masques si l’on n’est pas malade, c’est un virus qui ne touche que les personnes âgées ou ayant une santé fragile, les tests ne servent à rien d’autre qu’à affoler… Mais à l’heure où nous écrivons ces lignes, le bilan est devenu trop lourd pour qu’il ne soit pas évident qu’une guerre s’est accentuée, celle d’une classe contre une autre. Cette guerre n’est pas nouvelle : la situation d’urgence actuelle est un révélateur du monde dans lequel nous vivions déjà, celui du capitalisme, des oppressions et de l’exploitation maximum de la classe ouvrière par la bourgeoisie. 

D’après les chiffres officiels, près de 23 000personnes sont mortes en France du Covid-19, dont plusieurs milliers dans les Ehpad, selon un bilan encore provisoire.  À une échelle internationale, après l’Italie, c’est l’État espagnol qui compte le plus de morts, avec 23 500 décès. Et les États-Unis semblent être le nouveau point de développement du virus. Comme l’a très bien résumé le représentant du patronat en Italie, Vincenzo Boccia, l’augmentation de la dette apparaît désormais nécessaire pour soutenir une économie « de guerre ». Il appelle même à une mutualisation de la dette entre pays membres de l’Union européenne ; c’est une formule bien connue, qui signifie des coûts supplémentaires, des coupes salariales et des licenciements pour la majorité d’entre nous. 

Le Covid-19 est le miroir grossissant d’un système de santé en crise depuis vingt ans, avec des milliers de lits supprimés, des cadences infernales, des salaires en berne, un personnel qui se réduit comme peau de chagrin. Trois semaines après le début du confinement et le vote, sous couvert d’état d’urgence, de lois liberticides et d’atteinte au droit du travail, le tri des patients doit s’opérer en fonction de la pénurie du matériel et des possibilités d’accueil insuffisantes. Pour tous les salariés de l’industrie, des transports, du commerce, des services postaux et d’un certain nombre d’administrations, la lutte est permanente contre les patrons qui savent se mettre à l’abri tout en obligeant les autres à travailler et à s’exposer à une contamination. Le gouvernement assure une aide de 345 milliards d’euros au patronat pour qu’il se maintienne à flot, et dans le même temps, l’argent continue de manquer quand il s’agit d’assurer la prise en charge des malades et la prévention pour les autres. 

Organisons-nous !
 
De plus en plus, Macron, Philippe et leurs complices préparent les esprits à la reprise (déjà effective dans bien des entreprises) et à la sortie du confinement à partir du 11 mai, sans vraiment plus de garanties de santé publique que le 16 mars dernier. Notre site, nos publications, notre revue veut faire le point sur l’inhumanité du monde capitaliste que révèle cette crise sanitaire et sociale, mais aussi sur les ressources gigantesques que notre classe peut mobiliser pour tenter de s’assurer un présent et un futur. Du droit de retrait en masse aux réunions de coordination pour exprimer notre colère et préparer les ripostes contre ce gouvernement au service du grand patronat : plus que jamais, les révolutionnaires ont du pain sur la planche ! Nous invitons celles et ceux qui partagent nos idées communistes, révolutionnaires et internationalistes, qui apprécient nos interventions militantes à prendre contact avec nous pour mener le combat ensemble.

Courant A&R

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