Pour nos salaires et nos emplois, pas de sauveur suprême... Mais nos luttes, nos grèves et un programme anticapitaliste !



Plus de 35 000 personnes ont signé en quelques jours la pétition de soutien à Nantes révoltée, média militant menacé de dissolution par le ministre Darmanin, chef de la police et de la répression d'État. La Ligue des droits de l'Homme s'émeut elle aussi de ces menaces d’intimidation, ce recul programmé des libertés démocratiques d’expression. Alors que la haine raciste et nationaliste est devenue omniprésente dans les médias, on veut interdire celles et ceux qui la combattent. L’attaque contre Nantes révoltée est une attaque contre toutes et tous, le prélude à d’autres attaques contre le droit d’expression et d’organisation de notre camp social. Il est fondamental d'exprimer notre solidarité inconditionnelle avec Nantes révoltée, tout comme nous dénonçons toutes les mesures de répression contre les militants syndicalistes qui défient les politiques antisociales patronales et gouvernementales. Soutien tout particulier cette semaine à Christophe, postier et militant CGT dans le Calvados qui passe en conseil de discipline jeudi 3 février et qui risque la révocation !

Réprimer et servir les intérêts des patrons...
Macron vient d'annoncer l'ouverture de son site dédié à sa future candidature à la présidentielle et il l'a baptisé « avec vous » ! En fait ce serait plutôt « avec les patrons et contre vous, les salariéEs, les chômeurs et chômeuses, les jeunes et les retraitéEs » qu'il faudrait le rebaptiser ! Car au bout de cinq ans de Macronie, le bilan est simple : ce sont cinq années de cadeaux aux patronat et d'attaques antisociales majeures.

Jeudi 27 janvier, plusieurs dizaines de milliers de manifestantEs un peu partout en France ont répondu présentEs à l'appel des organisations syndicales qui avaient lancé un mot d'ordre de mobilisation interprofessionnelle pour « les salaires et l'emploi ». Ce n'était pas un raz-de-marée, comme souvent lorsque ces appels lancés par les directions syndicales n'ont ni aucune suite immédiate annoncée, ni ne s'inscrivent dans un plan de bataille clairement défini. Mais après la mobilisation exceptionnelle des personnels de l'Éducation nationale le 13 janvier, cela a été une occasion supplémentaire que s'exprime dans la rue la colère face à la politique gouvernementale et patronale. 

De l'argent, il y en a... dans les caisses du patronat !
La percée des luttes sociales en pleine séquence électorale présidentielle montre l’ampleur de la crise sociale et l’urgence d’une réponse anticapitaliste. Les mobilisations aux Antilles, les grèves dans de nombreuses entreprises du privé depuis plusieurs mois pour l'augmentation des salaires ou contre les licenciements et les suppressions d'emplois, sont révélatrices d’une situation sociale dégradée devenue insupportable pour une grande partie des classes populaires. Le salaire moyen net mensuel perçu par unE employéE est de 1200 euros et de 1330 euros pour unE ouvrierE. Mais de l’autre côté de l’échelle, ça se gave ! Les entreprises du CAC 40 ont distribué à leurs actionnaires 60 milliards d’euros et l’évasion fiscale représente 80 milliards d’euros. Si on ne prenait « que » les 140 milliards de profits réalisés par les entreprises en 2021, on pourrait financer une augmentation de 720 euros bruts pour les 16 millions de salariés qui gagnent moins de 2300 euros ! Pour aller chercher l'argent où il est, c'est forcément plus que des « journées d'action » espacées de plusieurs mois qu'il faudra : c'est un mouvement d'ensemble, une grève générale qui sera nécessaire. Partout, que celles et ceux qui en ont conscience se regroupent et s’organisent pour populariser cette nécessité auprès du plus grand nombre, parmi l'ensemble du monde du travail et de la jeunesse. C'est le seul programme dans lequel nous pouvons croire, c'est celui que popularise la campagne de Philippe Poutou, ouvrier licencié, militant anticapitaliste, partisan du changement révolutionnaire. Loin des phrases creuses de toutes celles et ceux qui brassent des grandes phrases en se prétendant « sauveur ou sauveuse suprême »... avec une spéciale dédicace à Taubira, fausse nouvelle candidate mais tellement vraie ex-ministre au service du capital !

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