Travail social en lutte : même colère, même combat ! En grève le 3 décembre

Les 3 et 4 octobre 2020 se sont tenues les Rencontres nationales du travail social. Composées de salariés du secteur social, syndiqués ou non, en collectif ou isolés, elles ont permis la construction d’une feuille de route des luttes du secteur social au niveau national pour les mois à venir, en programmant également les prochaines rencontres au week-end des 13 et 14 mars à Grenoble.


Depuis plusieurs années, le constat est fait que les salariés du social ne peuvent plus accepter leurs conditions de travail et d’accompagnement du public. Les professionnels assistent aux coupes budgétaires qui se succèdent les unes aux autres. Les étudiants et étudiantes sont confrontés à la galère de la recherche de stages inexistants, du fait d’un contexte d’austérité qui rend impossible leurs gratifications. À cela s’ajoute un salaire de misère et des cas de répression quand ils osent relever la tête. Ces attaques trouvent pourtant face à elles des salariés qui ne cèdent pas à la pression. Rien que sur les douze derniers mois, le travail social a connu pas moins de 93 journées de lutte.


La situation sanitaire liée au Covid-19 aurait pu avoir raison de notre organisation et de la rage de vaincre de nos collègues. Pour autant, nous n’avons jamais cessé, pendant le confinement, de nous réunir par visioconférence entre camarades de toute la France et même de Belgique, pour échanger sur les attaques portées par nos dirigeants et organiser notre réponse. Prévues les 21 et 22 mars, les Rencontres n’ont pas pu se tenir en « présentiel » pendant un week-end, elles ont donc eu lieu toutes les semaines par internet. À partir du déconfinement, les luttes ont tout de suite repris sur fond d’une colère liée notamment aux difficultés d’obtention de la prime dite « Covid », laissée à l’appréciation des employeurs. Pas moins de 37 luttes ont été comptabilisées depuis début mai, auxquelles il faut ajouter celles qui se mènent aux côtés du personnel de la santé lors des « mardis et jeudis de la colère », ainsi que les journées de grève nationale.


Une cinquantaine de travailleurs et de travailleuses du secteur social, venus de 13 départements (Bouches-du-Rhône, Ille-et-Vilaine, Isère, Moselle, Nord, Puy-de-Dôme, Vienne, et plusieurs départements d’Île-de-France) et déterminés à ne pas se laisser faire, se sont donc retrouvés à l’occasion de ce week-end. Un premier temps a été consacré à l’analyse des attaques que subit notre secteur et au partage de nos expériences de résistances. Les nombreuses luttes et la création de différents collectifs auto-organisés sont encourageants pour nos combats à venir. Qui plus est, nous avons également pu avancer dans notre structuration au niveau national, avec le renforcement de nos liens et la création d’une caisse de solidarité qui permettra aux luttes en cours d’être soutenues matériellement.


En grève le 3 décembre !


Ce week-end nous a également permis d’échanger sur l’organisation et la validation d’une feuille de route pour les mois à venir. C’est l’occasion d’envoyer aux syndicats le message selon lequel les salariés sont prêts à lutter. Un appel national a d’ailleurs été rédigé en ce sens, pour faire connaître nos décisions auprès de nos collègues et camarades. Il porte donc le vote majoritaire de la participation des militants et militantes du secteur social aux journées de grève et aux cadres communs d’organisation interprofessionnelle, ainsi que la programmation d’une date nationale de grève dans l’action sociale le 3 décembre prochain.


Un mois après les 5èmes rencontres du travail social en lutte, les principales directions syndicales du secteur - UFAS CGT et CGT Services publics, SUD Santé Sociaux, SNUASFP-FSU - appellent à la grève le 3 décembre, date proposée par la feuille de route élaborée lors des rencontres. De nombreux collectifs locaux de travailleuses et travailleurs sociaux et de nombreux syndicats départementaux comme de sections d'entreprises ou d'établissements ont signé l'appel issu des 5ème rencontres. Intersyndicales, réunions et activités militantes de préparation se succèdent au quatre coins de l'hexagone. Ce qui prouve déjà la capacité d'entraînement et le rôle joué par les Rencontres nationales du travail social en lutte.


Le week-end de ces rencontres aura été l’occasion d’organiser un meeting interprofessionnel regroupant différents secteurs (santé, hôtel Ibis des Batignolles, La Poste, comité Adama, sans-fac de Nanterre, collectif anti-répression, Biocoop, RESF, etc.) qui n’ont de cesse de se battre pour la dignité des « petites mains » du quotidien, celles qui font finalement tourner cette société !


Alors que notre secteur est complètement atomisé du fait de l’organisation de nos structures, mettre en commun et prendre conscience de ces attaques organisées qui nous touchent toutes et tous, c’est une nécessité pour renforcer la conscience de classe de nos collègues et camarades. Et s’il est nécessaire de s’organiser dans son secteur, il est d’autant plus indispensable d’unifier les luttes, au travers de combats interprofessionnels, et de créer des occasions de se rencontrer et d’acquérir des expériences communes.


Le 13 septembre, lors de la manifestation européenne de la santé à Bruxelles, nous avons pu lier nos discours à la pratique. Les Rencontres nationales du travail social en lutte ont permis la montée d’une délégation parisienne à Bruxelles et le constat est fait : si les attaques capitalistes n’ont pas de frontières, nos luttes n’en ont pas non plus !


Iraultza et Tom Reed



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